mercredi 3 février 2010

Un déménagement presque parfait : parce que je veux m'en souvenir. (1e partie)

Par Cecilchen, mercredi 3 février 2010 à 16:10 :: Pensées en vrac

C'était il y a deux mois et demi, le 21 novembre 2009, c'est tard pour écrire ça... Mais je ne veux pas oublier. Et pis je fais bien ce que je veux, d'abord :o

Il est 22h, nous sommes à la veille du Grand Déménagement, et faisons les derniers cartons (normal). Un peu à la va-vite, un peu déprimés, un peu angoissés. Les images du passé défilent dans ma tête au fur et à mesure que je scotche. Je m'installe dans le couloir pour le carton «Bouffe cuisine ». Il n'y a plus d'autres place dans l'appartement.


C'est Lucile, Alexandre et Maxime qui font alors leur apparition dans la pièce. On rit, on pleure, on crie, on hurle tous ensemble, une dernière fois. Il y a des Allemands, des Tchèques, des Chinois qui passent. Héloïse fait-elle aussi une brève apparition. Et tout le monde s'en va, petit à petit, emportant ses petites affaires, mais laissant les rancoeurs trainer. Par chance, quelques bons souvenirs sont restés là, parmis eux : ceux des soirées sur la terrasse et des après-midis dans le bureau avec Lucile, lors du blocus de la fac... Je les mets dans le carton « Vrac 2006 ». Je scotche.

Pierre-Antoine arrive. On s'installe dans l'ancien bureau, tandis que Lucie et Nicolas occupent la chambre de Lucile... Les ordinateurs ronronnent dans le bureau. Des russes passent. Et moi j'ai un concours à passer. J'accueille une dernière fois les amis que je me suis faits à l'IUFM. Les anciens cours de PE1 sont déjà emballés. Qu'il est gros, ce carton ! Je l'ouvre pour y glisser ces derniers souvenirs. J'y ajoute encore ceux de quelques profs passionnants, d'un PACS, d'un été en Bourgogne, d'une demande en mariage.

Apparaissent ensuite les images d'une année de souffrance. Ce sont ces images là que je veux garder à tout prix, surtout elles. Elles qui m'ont rendue plus forte, qui m'ont donné des amis aussi formidables.
J'arrive à l'école, c'est Aline qui m'accueille, qui m'épaule. Je ne l'oublirai jamais. Mes premières heures de classes me font rentrer en pleurant, c'est ainsi que quelques larmes coulées sur mon bureau se retrouvent dans le carton « PE2 + bordel école ». Des larmes qui appellent à la persévérance. J'ouvre un cahier orange très fin et récolte au passage des flots salés et amers. Je les laisse dans le cahier, et je range tout cela bien soigneusement avec le reste. Aline et les autres collègues de l'école, Sophie, Mathieu, JP, Maxime, Hélène, Marie, les deux Christine, Pierre, et Philippe sont tous autour de moi et me tiennent l'épaule. Je scotche le carton et l'empile avec les autres, dans le salon.

D'autres personnent apparaissent alors dans la pièce. Je ferme les yeux et tourne la tête. Elles disparaissent. Pas la peine d'y accorder de la place dans un carton.

Et c'est alors une vingtaine d'amis proches qui rentrent chez nous. Il y a comme un air de fête. Pierre-Antoine est à côté de moi, il s'approche et me serre dans ses bras, me chuchottant à l'oreille à quel point il stresse. Il y a de la tension, les gens se bousculent pour être prêts à temps. Les flash créptitent.
Tout cela ira dans « Restes mariage => Cave ». Je scotche.

Je m'apperçois que Théotim et Robin ont laissé quelques jouets ici et là, en revenant de la première visite de la maison... Je les mets dans ma poche, pour ne pas les perdre.


Et voilà, brusquement tout s'arrête, tout le monde s'en va. Je suis à genou sur le parquet du couloir, ébêtée. J'en suis au carton « Bouffe cuisine », un paquet de pâtes dans les mains. Mes yeux s'embrouillent. Je ravale mes larmes nostalgiques. Pierre-Antoine me demande en criant : « C'est toi qui a le scotch ? »
« Oui mais j'ai terminé ! »
Une nouvelle vie à deux commence, il n'y a pas de temps à perdre !

Nous allons nous coucher vers minuit, il reste encore des cartons à faire...

14 commentaires :: aucun trackback