mardi 26 février 2013

MAP

Par Cecilchen, mardi 26 février 2013 à 22:05 :: Nouvelles du front

Samedi dernier, visite du 7e mois, j'en suis à "29 SA", c'est à dire 29e semaine d'aménorrhée pour ceux qui ne connaissent pas le jargon, et qui, a priori, ne passent pas leur vie sur les forums féminins (socialement très intéressant, pour autant, vous manquez quelque chose !)

Je suis zen, il y a 3 semaines tout était nickel et j'avais eu le feu vert pour aller en classe de neige avec les loustics et toute la compagnie. Le gynéco examine mon col (je parle pas de mon col de pull) et je vois un froncement de sourcils qu'il ne faisait pas d'habitude. (C'est d'ailleurs peu commun, à mon sens, cette mine détachée qu'ils arrivent toujours à faire alors qu'ils observent l'intimité profonde des femmes... ça m'interpelle toujours). Et je "sens" bien qu'il ne prend pas les mesures au même endroit que d'habitude.

"Bon, ben y'a eu du changement, hein..."
Alors il m'explique que j'ai bien fait de profiter du grand air de la montagne, car maintenant je vais devoir rester à la maison ( ce que j'ai compris par son "Vous avez bien fait de prendre des vacances (j'ai pas répondu mais je lui aurais bien crevé les yeux), parce que là il n'y aura plus d'autre classe de neige, et il n'y aura plus de classe tout court")
Je n'ai pas plus de détails et c'est très angoissant. Il m'a dit que mon col était ouvert à un endroit. Interne ? Externe ? Ouvert comment ? Je dois m'attendre à quoi ? Il écrit "MAP" sur mon arrêt de travail, me donne un médicament et me recommande de me reposer, c'est-à-dire de rester allongée, et de revenir jeudi aux urgences si ça ne va pas significativement mieux avec tout ça. Je lui signale quand même que je suis déjà au repos, depuis 15 jours (1 semaine d'arrêt + 1 semaine de vacances)... Il a du mal à me croire et me fait jurer (en le regardant dans le blanc des yeux) que je lui dis bien la vérité (il est marrant, des fois). Il me dit que j'ai très très bien fait de demander un arrêt de travail avant les vacances (j'avais attrapé une bronchite). Ça m'inquiète d'avantage. Je n'en demande pas plus parce que j'ai des sanglots dans la gorge et les larmes au bord du coeur.
La consultation s'achève ainsi.

Je m'effondre en larmes en sortant de la clinique, chéri ne comprend pas grand chose, lui qui était resté dans la salle d'attente. La nouvelle ne semble pas le réjouir, lui non plus... :(

MAP? D'abord, ça veut dire quoi ça ? (Pourquoi on n'est jamais mis au courant ?)
Machine A Pain ?
Marche A Paname ? (du shopping ?)
Mange A Peine ? (un régime ?)
Mise A Pied ?
On s'en rapproche !
Allez je vous aide : La machine à pain que je suis a une mise à pied de 3 mois pour cause de Menace d'Accouchement Prématuré.

J'ai du mal à rester allonger, j'ai hâte d'être à jeudi pour aller aux urgences et en savoir un peu plus cette fois ci.

C'est vraiment un stress dont je me serais bien passée.
Je suis en rogne contre les médecins qui m'ont suivie. Ça fait 3 mois que j'alertais que j'avais des contractions, ils n'ont jamais voulu m'entendre et, comme je le pensais, il faut attendre d'être dans un état "critique" et de devoir rester allongée pour enfin avoir de l'attention et un arrêt de travail.

Maintenant, dès que j'ai une contraction, je me vois accoucher dans l'heure qui suit.
Dès que j'ai une petite fuite urinaire je me vois perdre les eaux.
Je n'ose plus toucher mon ventre de peur de provoquer des contractions.
Je me demande à chaque geste que je fais si je ne vais pas faire naître ma fille trop tôt.

BLASÉE.

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mardi 19 février 2013

2013 "j'ai décidé d'être heureux"

Par Cecilchen, mardi 19 février 2013 à 17:58 :: Nouvelles du front

Sacrée émission sur M6, diffusée courant janvier ou février, je ne sais plus, avec tout le gratin de la chaîne (Stéphane Plaza)
Bon, déjà, on va quand même rendre l'honneur des mots à Voltaire, référence un poil plus culturelle : "J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé."

A l'origine, il y a un test à faire. On répond à des questions sur son ressenti sur sa vie ces 10 derniers jours, on obtient une note sur 100.
Ensuite M6 préconise des techniques simples pour augmenter son "capital de bonheur", comme faire plaisir gratuitement, développer ses sens, méditer...
Une émission hautement importante et culturelle, quoi. (On est surpris de la part d'M6, n'est ce pas ?)

Piquée au vif, je fais le test qui me donne un résultat vraiment pas folichon, genre 32 (la moyenne nationale étant fixée, selon les hauts experts d'M6, à 66 ou quelque chose de cet ordre).

Monsieur mon chéri s'offusque alors d'avoir un meilleur score que moi (= proche de la moyenne, c'est quand même pas normal, quoi), il se moque de moi avec ce résultat pourri et me dit que c'est de ma faute, je m'écoute trop.

Ben oui, chéri, certes, je ne suis pas (comme toi) un cadre qui bosse en SSII en open space, pardonne-moi, et qui a des comptes à rendre à je ne sais qui, je n'ai pas de chef sur le dos, moi, je ne fais pas des horaires de dingue (non non), et je suis dans une forme particulièrement olympique qui me permet de faire tout ce que je veux (n'est ce pas ?). Donc, j'ai certainement toutes les cartes en main pour me sentir bien. Voilà. C'est de ma faute, je m'écoute trop.

On vit donc dans une société où il est bon d'afficher et son bonheur écrasant sur FB et d'exhiber sa dépression sur M6.
C'est au plus heureux de susciter toutes les jalousies (ahhh... le narcissisme...) et au plus malheureux d'attirer sur lui tous les regards pleins de compassion (merci M6).
Le malheur est donc revenu à la mode, car il est aussi signe de réussite professionnelle (un bon cadre sup n'a pas le temps d'être heureux : en semaine il bosse, le week end il récupère), et il est témoin de la médiocrité des Autres, (on affiche qu'ils ne te permettent pas d'être bien, normal ils sont pas cadre sup comme toi et peuvent pas comprendre, eux ils ont le temps, avec leurs préoccupations de fonctionnaires ou RMIstes. Bam! DANTAGUEULE !!!!).
Le malheur est très chic.
(ah oui bien sûr je ne parlais pas des Kévina 13 ans d'âge mental qui affichent un autre type de désespoir, lié aux parents ou à la rupture avec Kévin)
Ma foi.

Et si on vivait un peu pour soi ?

Je retourne dans ma grotte !

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jeudi 14 février 2013

+++

Par Cecilchen, jeudi 14 février 2013 à 10:59 :: Nouvelles du front

Aout 2012. Je me sens bizarre... Un peu barbouillée, à fleur de peau... Je suis atteinte d'une petite infection qui nécessite un traitement par antibiotiques. Ceux que j'ai dans la boite à pharmacie sont déconseillés aux femmes enceintes, et je ne prends plus la pilule depuis le mois dernier. Mes règles doivent arriver d'ici quelques jours, mais, dans le doute, je vais quand même faire un test de grossesse... Verdict



J'ai Adeline au téléphone qui est proche de l'hystérie ! :D Je suis mitigée face au résultat, mais j'irai quand même rencontrer mon médecin pour avoir un traitement avec des antibiotiques non nocifs envers une hypothétique future morula.

J'ai 2 jours de retard. Après avoir fait 2 autres tests de grossesse faiblement positifs, puis un farouchement ++ ("enceinte 2-3"),





je décide de faire une prise de sang au labo à côté du boulot. C'est marrant, le laborantin est un usager du train que je prends chaque matin depuis 3 ans. Nous échangeons quelques mots sur cette nouvelle vie qui se prépare peut être. Il me dit de repasser à 16h pour le résultat. Je termine à 16h15. La journée s'écoule très doucement, je trépigne. 16h20. Le Monsieur à Lunettes me félicite, le taux d'hormones est bon 873ui/l, je suis enceinte de 15 jours.

J'ai prévu de n'en parler à personne avant la première échographie, mais c'est dur de tenir ma langue, d'autant plus que les nausées (accompagnées de chutes de tension) surviennent brusquement un lundi matin, et ne me quittent plus jusqu'en décembre. Je suis une vraie loque ambulante. Le seul moyen de calmer mes malaises, c'est de manger, grignoter, et j'enfle à vue d’œil. Je me sens réduite, bonne à rien, et j'ai du mal à accueillir l'idée de porter la vie avec plaisir. J'en viens parfois à regretter d'avoir arrêté la pilule. J'espère que ça passera bientôt.

J'en parle donc à mes proches, ceux qui me côtoient chaque jours. Ils se demandent tous ce qui m'arrivent, certains sont inquiets. La nouvelle est reçue de façons variées. Joie, pour certains, qui vont se montrer pleins de soutien envers moi. Beaucoup posent déjà leurs mains sur mon ventre. Jalousie marquée, pour d'autres "Ouais enfin tu devrais pas en parler là, tu vois, quand on voit le nombre de femmes qui font des fausses couches..." "Super, à toi les vergetures..."

Novembre, première échographie. Les instants sont magiques. A peine la sonde posée sur mon ventre, les petits pieds apparaissent déjà à l'écran. Bébé gigote, il nage le crawl ! Un petit cœur bat. Je pourrais passer des heures à voir ces images. Les mesures sont bonnes, je suis soulagée !





L'examen est douloureux, je ne pensais pas. Je dois être douillette. J'aurai mal au ventre toute la soirée. Nous passons la soirée chez une amie à admirer les clichés pris, à parier sur le sexe du bébé :) Le gynéco n'a rien voulu dire là dessus ("J'ai mon idée mais je ne peux rien vous dire"). Il a quand même lâché deux réflexions qui me titillent "Il est parfait ce bébé, tout à l'image de sa mère" et "Un beau cerveau, ça ne peut être qu'une fille". D'un autre côté, ma copine qui s'auto-proclame professionnelle de la lecture d'écho est formelle : vu le bourgeon, c'est un mec ! J'avoue ne pas trop y penser, mais dès lors, je m'imagine quand même bien avec un petit garçon dans le bidon !

Quelques semaines après l'échographie j'ai rendez-vous avec une sage femme de la maternité pour l'entretien prénatal précoce. Je peux exprimer toutes mes craintes et mes angoisses (prise de poids, l'Inconnu). Elle me dit que je dois apprendre à lâcher prise et arrêter de vouloir tout gérer, qu'il faut que je me laisse aller. Le rendez-vous dure près de 2h. 2h de larmes pour moi. J'en ressors soulagée, vraiment soulagée. Un nouveau cap a été franchi je le sens.

9 décembre. Premiers petits coups de pieds ! Les nausées ne sont plus aussi intenses ni fréquentes. Je revis.

Janvier, 2e échographie. Nous avions décidé de ne pas demander le sexe. Une fois la sonde posée sur le bidon, c'est difficile de résister. Qu'est ce qu'il est beau, mon bébé ! La première image qui s'affiche c'est son visage, il ouvre la bouche et la referme, c'est très touchant. Après s'être assuré que nous le voulions bel et bien, le gynéco pose sa sonde à l'endroit fatidique et me demande ce que je vois. "C'est un garçon ?" "Non, Madame, c'est un sexe féminin!" Je ne peux contenir mes larmes de joies. Je pense qu'elles auraient coulé de la même manière pour un garçon. Une petite fille... Je n'y crois pas ! J'étais sûre, depuis quelques semaines, d'attendre un garçon ! "Oh et bien Madame est contente d'avoir une petite fille ?" L'échographie se poursuit, elle dure 45 minutes. Le bébé a des grands pieds, des grands fémurs. Elle est belle, tellement belle ! Elle fait sa coquine et ne se laisse pas faire pour écouter son cœur. J'aurai droit à une série de claques sur le ventre pour qu'elle se déplace... Toujours agréable, n'est-ce-pas ?







Fin janvier. J'ai déjà pris 14kg... Certains disent que je me suis surtout "remplumée", mais je n'aime pas ça du tout (cuisses, fesses, bras, et visage) Quelle horreur... Moi qui faisait tant attention à ma ligne... Je n'ai plus aucun contrôle de la situation ! C'est difficile à encaisser. Mais les petits coups de pieds très fréquents du bébé me font déjà tout oublier. On s'occupera de tout ça plus tard.

Comme disait la sage femme, j'essaie de me laisser aller et de ne pas me prendre la tête avec les (nombreux) soucis extérieurs. Carpe diem. J'aurai du temps pour ça plus tard, mais je ne laisserai pas les éléments néfastes et personnes méchantes me stresser et stresser ma fille.

Dans un peu plus de 3 mois elle sera dans mes bras.

Affaire à suivre.

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