vendredi 24 septembre 2010

it's the calm before another storm

Par Cecilchen, vendredi 24 septembre 2010 à 17:36 :: Pensées en vrac

25 commentaires :: aucun trackback

dimanche 19 septembre 2010

Chroniques d'une stagiaire désabusée (première partie)

Par Cecilchen, dimanche 19 septembre 2010 à 21:15 :: Nouvelles du front

J'achève ma première semaine de formation à l'iufm à la fac.
J'ai l'impression de me retrouver en septembre 2007 : infantilisés, mis sous pression, pris pour des cons.
On prend les mêmes, et on r'commence...
Les formateurs en retard, pas très agréables, les cours creux, le mauvais timing. Pas de surprise ni de déception, quand je réfléchis bien.
En ce qui nous concerne : on doit être irréprochables en classe, inventifs, créatifs, organisés, surprenants, acidus, volontaires, zen, courageux et de bonne humeur (mais pas trop quand même, faut pas déconner). Les SuperProfs des temps modernes !
Par chance, j'ai rencontré quelques collègues sympatiques... En ésperant que ça dure !

Passez une bonne semaine !

41 commentaires :: aucun trackback

samedi 11 septembre 2010

Récit d'une prof un peu desabusée (article ni relu ni corrigé)

Par Cecilchen, samedi 11 septembre 2010 à 17:59 :: Nouvelles du front

Je devrais écrire un livre, avec tout ce que je vis à l'ITEP.
Pour en garder une trace, pour ne pas oublier, pour ne pas (plus) banaliser. Pour souffler.
Je crois que j'ai perdu pied... On s'habitue à tout (?).

Nous sommes le 11 septembre, je suis à bout de nerfs.
J'hésite déjà entre le suicide et la démission, pensées qui n'étaient venue qu'en mai, l'an passé.
Peut-être que c'est trop difficile pour moi ? Serais-je capable, pour autant, de retourner dans une classe normale, avec des élèves Lambda qui n'ont pas besoin d'aide ? Comment se sent-on, dans une classe lambda ? Inutile ?

J'offre aux plus courageux un récit de ces premiers jours de classe. (Toute ressemblance avec des personnes réelles ne serait que pur hasard)
(A savoir : le matin, j'ai Thomas et Anthony en classe. L'après midi : Shanie et Anthony, puis Hugo, Clotair et Erwan.)

2 septembre :
Les présentations sont faites. Je me montre sévère. Ils me montrent leur plus belle facette. Je me suis faite avoir l'an passé, j'y ai cru. Pas cette année. Je m'attends au pire : c'est le seul moyen d'être prête à les contrer.

3 septembre :
Thomas revient dans ma classe. Malgré ses bonnes résolutions ("Cette année, je me donne à fond ! Objectif : collège !"), il "commence à recommencer", quelques minutes après le début de la classe. Il est rouge, il bout, il fait valser son travail de la main, toutes ses affaires se retrouvent à terre.
Le problème, cette fois-ci ? Un texte un peu trop long, avec des lettres un peu trop petites.
Je m'excuse, lui propose d'aller l'agandir, avec lui, à la photocopieuse.
C'est un refus, naturellement : Il se braque, s'enfonce dans sa rage, envoie tout et tout le monde balader, y compris moi.
Je n'aurai pas les mots pour le calmer.
Je culpabilise de n'avoir pas su anticiper, de ne pas avoir vu que ça n'irait pas. Je le connais depuis quelques mois, Thomas. Comment ai-je pu oublier ce dont il avait besoin pour lire ?
C'est bien ça qu'il me reproche, aujourd'hui : Comment a-t-elle pu oublier ? M'oublier ? J'y penserai tout le week end.

6 septembre :
Nouvelle semaine qui commence. Comment seront-ils ?
Ce matin, je ne me trompe pas avec la lecture de Thomas, et tout se passera bien. Malgré tout, tout une matinée en classe, c'est beaucoup trop long pour lui, et il craque à 11h.
Je vais ramer de 11h à midi, et essayer de retenir Anthony. La mayonnaise ne doit pas prendre. Il doit rester avec moi, coûte que coûte. Soit il reste avec moi, soit il rentre dans le jeu de Thomas.
J'envoie alors ce dernier se calmer, se passer de l'eau sur le visage aux toilettes : "Et reviens avec ton sourire, hein !".
Pendant ce temps, il faut donner un travail captivant à Anthony, pour se le mettre dans la poche. Ce qui marche, avec lui, c'est les opérations et le calcul mental. C'est dur, chiant, mais ça lui donne l'impression d'être "à la vraie école". Apprendre en s'amusant, la pédagogie de projet, c'est pour les autres gogoles de l'ITEP, et il vaut mieux que ça, lui. Je lui donne donc des opérations et du calcul mental à faire sur son cahier. Il est aux anges.
Lorsque Thomas revient des toilettes, Anthony ne fera même pas attention à lui. Et ça passera pour cette fois.
L'après-midi, je rame avec les 5 affreux, qui sont scolarisés "à la vraie école" le matin. Hugo, 7 ans et demi, est dans la provoc' pure et dure.
"Je m'en fous, c'est nul.
C'est nul.
C'est nul.
Non, je prends pas ce cahier, je veux prendre l'autre.
A quoi ça sert ?
C'est nul !"
Des insultes, du rentre dedans. Avec moi, avec les autres élèves. L'ambiance est plus qu'électrique.
Je sens que ça va déraper si je ne fais rien : ils vont se liguer contre lui, je ne pourrai pas sauver Hugo, seule contre les 4 autres. Il vont finir par se lever et lui éclater la tête contre le lino encore brillant.
J'hésite à appeler de l'aide. Si je fais ça, je serai grillée. Autre solution : prendre son courage à deux mains. Il faut arrêter le travail en cours, se mettre devant le tableau, les observer en se taisant.
Se taire, se taire, se taire. Visage figé. Ne pas montrer qu'on a peur, ne pas montrer à quel point on a envie de hurler. Il faut se poser devant eux, le plus calmement possible, parler bas, chuchotter, presque. Leur demander de ranger leurs affaires.
"Pourquoi ranger les affaires ? Il reste 45 minutes de classe ?"
Froidement, calement : "Rangez-moi vos affaires."
Par chance, cette fois, ils s'exécutent. Le calme revient petit à petit (il aura quand même fallu plus de 10 minutes). Ils s'interrogent et je ne montre rien.
Le silence règne enfin, pour eux c'est peut-être pesant, mais pour moi, c'est une victoire, un réconfort. Je me sens puissante, heureuse : j'ai capté leur attention, j'ai gagné ce combat psychologique.
Je quitte le devant de la scène pour aller chercher l'album que j'ai sous le coude, aujourd'hui... "Je voudrais avoir..."
Je commence la lecture, après leur avoir montré la couverture du fameux "livre de bébé".
Ils ne protestent pas longtemps. Chacun lit une page "Je voudrais avoir..." ... le pas de plume du tigre, le jeu de jambes du lièvre, les ailes de l'oie sauvage, ou encore les oreilles immenses de l'éléphant, pour entendre ce que dit le ciel. On observe les images. On devine, avec la phrase, de qui ou quoi il s'agit, sur la page suivante : La "dame blanche" est donc une chouette.
Et toi, Hugo, que voudrais-tu avoir ? Et toi, Clotair ? Et toi, Erwan ? Prenez votre cahier et écrivez-moi tout ce que vous voudriez avoir.
J'aimerais bien vous connaître davantage. Donnez-moi des pistes. Aidez-moi à vous dompter, à vous conquérir.

8 septembre :
Grève ! (Repos !)

9 septembre :
Le mercredi, c'est toujours une matinée à part. Le Grand Groupe est là. Ceux qui vont à la Vraie Ecole toute la semaine reviennent, pour voir le psy, l'ortho, la psychomot', ou leur éduc'. Et en bonus, ils se tapent une ou deux heures de classe, comme ça, gratuitement (parce qu'après avoir vu les spécialistes, faut bien les mettre quelque part).
Ravis de cela, ils m'en font bien voir de toutes les couleurs. Mais bon, ce mercredi : rien à dire.
Wait and See.
Je me souviens être rentrée en larmes, l'an dernier, après mon premier mercredi.

10 septembre : et c'est reparti.
Thomas se montre pénible, irritable et irritant toute la matinée. Je m'agite seule avec ma leçon de conjugaison, c'est comme si je pissais dans un violon.
Anthony a bien compris que Thomas était dans ses bons jours, et il fait tout pour le taquiner, le provoquer. Il se retourne. Un seul clin d'oeil entre les deux, un simple regard, et rien n'est plus maîtrisable.
Thomas ricane. Son ricanement... Aigu, érraillé. Une voix de crécelle. Je lui demande d'arrêter, une fois, deux fois. De tote façon, si je monte en tension, il montera en tension également.
Ca finira avec des cris, des larmes.
Il ricane toujours, Anthony est parti avec lui, aussi, dans ces ricanements stridents, irritants, contrôlés, incontrôlables, insupportables.
Je fais une croix sur ma leçon de conjugaison.
Il est 9h30. Il nous reste encore une heure avant la récréation.
Envoyer ENCORE Thomas se calmer aux toilettes ? Pourquoi ce privilège (quitter la classe), alors qu'il est le plus horrible de tous ? Alors NON, on va la jouer autrement.
Anthony a peur de sa famille d'accueil, j'exige donc qu'il dépose son cahier de liaison sur mon bureau. Il proteste, me menace, boude, mais je tiens bon. J'ai gagné avec lui.
"Thomas, tu viendras travailler ce midi dans la classe, ça te fera peut être réfléchir au comportement qu'on doit avoir dans une classe". Thomas hurle, me menace, lui aussi. "M'en fous, j'me barre". Il fait mine de se lever.
"Mais barre-toi donc, mon biquet". Il pleure, me tire la tronche, mais se rassied.
Je boue intérieurement. Allez : Ce n'est pas mon gosse, je suis là pour les faire bosser. Le chantage affectif n'est pas censé marcher, alors je ne cède pas, même si j'ai bien les boules.
La crise est finalement passée, elle aura duré une demie heure.
Je termine la leçon avec Anthony. Thomas fait mine de rien, mais il écoute quand même. Alors c'est bien. L'ambiance est pourrie, mais je fais mon travail, et ils font le leur. Je les mets sur les exercices, des mots croisés, sur ordinateur. Je donne mon PC perso à Thomas, ce qui signe notre réconciliation, vu que mon PC est beau (et vu que c'est le mien).
Il en faut peut, parfois.
Les exercices sont très bien réussis. Je les félicite : ils ont réussi à conjuguer des verbes du premier groupe, au présent, avec le modèle au tableau. 11 et 12 ans. Wahou. C'est l'heure de la récré. Ouf. Je ne suis pas de service. Ouf. Un café allongé, le noir dans la classe, le silence.
Je repense à Thomas.
Quand il est en crise, il lui arrive de lancer des objets à travers la classe. J'ai évité de justesse un gros tube de colle UHU, l'an passé, alors qu'il visait Guillaume (un sacré affreux). Juste le temps de baisser la tête ; je l'aurais sans doute pris dans l'oeil, sinon.
Je ne peux même pas essayer de le contrenir physiquement, Thomas. De retenir sa main, ses mains, de le bloquer si il veut frapper. Non, quand il est en crise, il devient un Autre.
Ses yeux prennent la lueur d'un animal fou, et peut-être bien qu'il me fait peur.
Thomas a aussi ses bon côtés. Quand il est bien luné, on peut partager beaucoup de choses, on peut discuter de sujets poussés, il a une très bonne culture générale, s'intéresse énormément à tout ce qui touche à la nature, aux actualités. Il a de l'humour et du recul. Il est poli, il pèse ses mots. Il s'auto-analyse. Il est attachant. C'est bizarre.
C'est ce qu'il y a de plus dur à gérer, avec lui : il a tout pour être un "gamin normal", pour réussir, et il fout tout en l'air. D'une minute à l'autre, il peut être l'ange, puis le diable. Sans prévenir.
L'après-midi, au moment de remonter en classe, tous les élèves, les enseignants et les éducateurs sont convoqués par la directrice dans une seule et même salle. J'ignore ce qu'il se passe.
Après avoir lutté pour obtenir le silence, la directrice nous annonce qu'elle punie Thomas, qu'il ne viendra pas à l'ITEP lundi. (Il a poussé le bouchon un peu trop loin lors de la récré du midi)
Thomas ricanne, lève les yeux au ciel. Il devient l'idole des jeunes (il y en a même qui l'envient).
Après le speech bien réglé, nous sommes invités à rejoindre nos salles.
Je suis mal placée et sors en dernier de la salle, mes élèves sont déjà tous dehors. Il m'ont attendue... une minute ? Trente secondes ?
Hugo, le puceron de 7 ans et demi, est au sol, en larmes, il crie. Shanie, le garçon manqué de 11 ans, taillée comme un déménageur, lui a donné des coups de pied dans le ventre, parce qu'il voulait se ranger avec elle. Je relève Hugo, enguirlande Shanie. Elle est en rage, nous n'obtiendrons rien de la situation. En classe, elle sera irrécupérable. C'est de ma faute à moi, disent ses yeux. Je suis arrivée en retard, une minute en retard, et je n'ai pas su les cadrer, ni éviter le pire. En classe, elle me reproche clairement de l'avoir engueulée "Bah oui, mais pourquoi tu lui dis rien, à lui ? C'est moi qui prends tout ! Il avait qu'à pas me faire chier !". Certes.
Je me prends dans les dents que le travail que je leur propose "C'est de la merde, ca sert à rien". Finalement, après dures négociations, elle s'y mettra.
L'épisode Hugo sera mis entre parenthèses, il faudra attendre quelques jours pour en reparler. Laisser couler l'eau sous les ponts, pour ne pas replonger dans la crise.
Excuses (bidon) différées, promesses (bidon) de ne plus recommencer, de prévenir un adulte quand ca ne va pas. "On reprendra ça la semaine prochaine."
Après la récréation, je retrouve Hugo en classe (avec Erwan et Clotair). Le petit monstre. Pendant 45 minutes, il va répéter inlassablement, en riant : "C'est nul, j'aime pas, ça sert à rien". En boucle, pendant 45 minutes. Erwan et Clotair montent en tension : "FERME TA GUEULE OU J'TE DÉFONCE !" "MADAME, DITES-Y DE FERMER SA GUEULE". Hugo jubile. Chhut, on ne dit pas de gros mots en classe. Je demande à Hugo de se taire, le préviens, le menace.
Le dernier "C'est nul" est comme la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je le saisis par le bras fermement, sans dire mot, et l'emmène, le traine dans une autre classe. J'ai leur coeur qui palpite, je me sens trembler comme une feuille : oui, je suis sortie de mes gonds.
Lui, il est surpris et vexé, peut être que cette réaction abusive de ma part le fera réagir ?
Quoi qu'il en soit, pour moi, ce genre d'évènement est un échec cuisant. Quand je reviens, les autres élèves sont scotchés, sages comme des images. Ils me regardent, interrogatifs/pleins de gratitude.
Il reste 10 minutes de classe, et je leur demande de s'occuper, pendant que je me calme pendant que je prépare une lettre pour le remplaçant.
"Vous n'avez pas oublié que je pars en stage lundi ? Vous serez gentil avec le remplaçant, hein ?" (Comme je le pleins, le pauvre...)
Erwan prends un petit journal et vient me lire un article à voix haute, au bureau. Décodez-bien cela : "Aime-moi, regarde, je suis pas comme Hugo. Je déteste lire, je ne suis pas doué, mais je viens là pour toi, je fais l'effort : pour te consoler". C'est juste incroyable, surréaliste. Ca vaut toutes les excuses du monde.
Clotair me fait un dessin qu'il m'apporte.
La journée se termine ainsi. La semaine se termine ainsi. Pour conclure, sur la semaine, j'aurais enseigné... 1h ? 1h30 ? Le reste, c'est : combat psychologique, gagne-terrain à 1 contre 5, où chaque centimètre de perdu est perdu pour de bon, mais chaque centimètre de gagné doit être défendu et protégé avec toutes les forces qu'on a, minute après minute.

Le vendredi, on est vidé, épuisé psychiquement.
Quand je rentre chez moi, j'ai juste le temps de poser mes affaires, et de m'affaler dans le canapé. Je ne peux plus parler, je ne peux plus rien écouter ou entendre. Il m'arrive de pleurer pour décompresser.
Je m'imagine alors que je ne pourrai pas y retourner la semaine suivante, mais finalement, la force, le courage et le moral reviennent petit à petit, et le dimanche soir, je suis au taquet, j'ai la niak, et j'y crois. Et c'est reparti pour un tour !

93 commentaires :: aucun trackback

mardi 7 septembre 2010

[ . ]

Par Cecilchen, mardi 7 septembre 2010 à 14:23 :: Pensées en vrac

88 commentaires :: aucun trackback

An Anna Blume

Par Cecilchen, mardi 7 septembre 2010 à 14:08 :: Nouvelles du front

Anna est née ! Félicitations aux heureux parents et longue vie à la petite princesse ! Je suis... perplexe, devant les souvenirs qui reviennent, et je me demande qui a choisi ce joli prénom.


Ce texte de Kurt Schwitters, en dédicace aux souvenirs, à l'amour, l'amitié, et la vie...
Comprenne qui pourra.

"An Anna Blume

Oh Du, Geliebte meiner 27 Sinne, ich liebe Dir!
Du, Deiner, Dich Dir, ich Dir, Du mir, ---- wir?
Das gehört beiläufig nicht hierher!
Wer bist Du, ungezähltes Frauenzimmer, Du bist, bist Du?
Die Leute sagen, Du wärest.
Laß sie sagen, sie wissen nicht, wie der Kirchturm steht.
Du trägst den Hut auf Deinen Füßen und wanderst auf die Hände,
Auf den Händen wanderst Du.
Halloh, Deine roten Kleider, in weiße Falten zersägt,
Rot liebe ich Anna Blume, rot liebe ich Dir.
Du, Deiner, Dich Dir, ich Dir, Du mir, ----- wir?
Das gehört beiläufig in die kalte Glut!
Anna Blume, rote Anna Blume, wie sagen die Leute?
Preisfrage:
1. Anna Blume hat ein Vogel,
2. Anna Blume ist rot.
3. Welche Farbe hat der Vogel?
Blau ist die Farbe Deines gelben Haares,
Rot ist die Farbe Deines grünen Vogels.
Du schlichtes Mädchen im Alltagskleid,
Du liebes grünes Tier, ich liebe Dir!
Du Deiner Dich Dir, ich Dir, Du mir, ---- wir!
Das gehört beiläufig in die ---- Glutenkiste.
Anna Blume, Anna, A----N----N----A!
Ich träufle Deinen Namen.
Dein Name tropft wie weiches Rindertalg.
Weißt Du es Anna, weißt Du es schon,
Man kann Dich auch von hinten lesen.
Und Du, Du Herrlichste von allen,
Du bist von hinten, wie von vorne:
A------N------N------A.
Rindertalg träufelt STREICHELN über meinen Rücken.
Anna Blume,
Du tropfes Tier,
Ich-------liebe-------Dir!"





Et en voici la traduction, opérée par Monsieur Schwitters lui-même :
EVE BLOSSOM

Oh thou, beloved of my twenty-seven senses, I love thine! Thou thee thee thine, I thine, thou mine, we?
That (by the way) is beside the point!
Who art thou, uncounted woman, Thou art, art thou?
People say, thou werst,
Let them say, they don’t know what they are talking about.
Thou wearest thine hat on thy feet, and wanderest on thine hands,
On thine hands thou wanderest
Hallo, thy red dress, sawn into white folds,
Red I love Eve Blossom, red I love thine,
Thou thee thee thine, I thine, thou mine, we?
That (by the way) belongs to the cold glow!
Eve Blossom, red Eve Blossom what do people say?
PRIZE QUESTION: 1. Eve Blossom is red,
2. Eve Blossom has wheels
3. what colour are the wheels?
Blue is the colour of your yellow hair
Red is the whirl of your green wheels,
Thou simple maiden in everyday dress,
Thou small green animal,
I love thine!
Thou thee thee thine, I thine, thou mine, we?
That (by the way) belongs to the glowing brazier!
Eve Blossom,eve,
E – V – E,
E easy, V victory, E easy,
I trickle your name.
Your name drops like soft tallow.
Do you know it, Eve?
Do you already know it?
One can also read you from the back
And you, you most glorious of all,
You are from the back as from the front,
E-V-E.
Easy victory.
Tallow trickles to stroke over my back
Eve Blossom,
Thou drippy animal,
I
Love
Thine!
I love you!!!!


Bien le boujour par chez vous.

19 commentaires :: aucun trackback

mercredi 1 septembre 2010

Encore une...

Par Cecilchen, mercredi 1 septembre 2010 à 19:55 :: Nouvelles du front

(Monty this seems strange to me. The movies had that movie thing, but nonsense has a welcome ring and heroes don't come easy.)

94 commentaires :: aucun trackback

un autre billet inuile

Par Cecilchen, mercredi 1 septembre 2010 à 19:40 :: Pensées en vrac

Les enfants qui s’aiment s’embrassent debout
Contre les portes de la nuit
Et les passants qui passent les désignent du doigt
Mais les enfants qui s’aiment
Ne sont là pour personne
Et c’est seulement leur ombre
Qui tremble dans la nuit
Excitant la rage des passants
Leur rage, leur mépris, leurs rires et leur envie
Les enfants qui s’aiment ne sont là pour personne
Ils sont ailleurs bien plus loin que la nuit
Bien plus haut que le jour
Dans l’éblouissante clarté de leur premier amour

-Jacques Prévert

80 commentaires :: aucun trackback