mercredi 12 août 2015

Encore un nouveau départ...

Par Cecilchen, mercredi 12 août 2015 à 14:04 :: Nouvelles du front

L'alitement, la grossesse d'une manière générale, reste une des choses les plus dures à supporter. On oublie vite, mais quand même.
La fin de cette grossesse s'est montrée particulièrement éprouvante : fatigue généralisée, moral à zéro, vergeture. Impossible de monter un escalier, même sur une chaise c'était une épreuve. J'avais besoin (plus qu'envie) d'en finir vite. A 37sa, le gynéco me dit que ca sera pour bientôt, qu'il faut que je reste à proximité de la maternité, au repos chez moi. Le coup de massue, après des mois de canapé-lit : mon dernier mois de grossesse se fera lui aussi à la maison. Génial.
A côté de ça, de nombreux épisodes de faux travail, mais 39sa et le bébé est toujours là...

La suite, c'est un message envoyé à mes copines quelques jours après la naissance de Basile...

"Mon petit Basile va très bien et se porte comme un charme :) il est tout calme, c'est l'opposé de sa soeur ! Il tête bien et me laisse à peut près dormir (boit environ à 23h30, 3h, 5h et 8h) tétées de 15min puis dodo sans broncher :D sa soeur c'était réveil toutes les 45mn/1h pour téter pendant 45mn et si je la lachais + tot c'était reparti pour des hurlements :D
Physiquement, j'arrive pas à mettre des photos la taille dépasse toujours, c'est un petit bébé qui se remplume à vue d'oeil, il est brun, très chevelu, avec des cheveux dressés sur la tête comme un hérisson :D impossible à coiffer !!

J'avais dit que je passerai vous raconter l'accouchement, ca date un peu maintenant mais bon :D
Donc le 23 juillet je revoyais mon gynéco en consultation, à la consultation des 37sa il m'avait dit de revenir le voir à cette date si j'avais toujours pas accouché parce qu'il était pas rassuré de me laisser avec un col comme ca (mou ouvert à 3). Donc je le revois, je lui raconte mes A/R aux urgences pour faux travail et que maintenant à force je me déplaçais plus. Il me dit que c'est pas très raisonnable et que je vais finir par accoucher dans mon canapé à force de le dire.
Il me dit qu'il est de garde ce jour là aux urgences, et deux jours après (samedi-dimanche) et mardi. Il me propose de passer quand je veux, quand on est prêts (avec notre fille à caser etc.) pour un "petit coup de pouce" pour accoucher, en fait il parle de déclenchement. Il me dit que avec une dizaine de contractions j'aurai le bébés dans les bras.
Je lui demande si c'est possible ce jour là, il me dit à 15h30 que si je récupère mon mari et qu'on arrive à 20h, il naîtra avant minuit. Suis un peu piquée au vif mais finalement pourquoi pas ? Aux vues des risques etc. J'appelle mon homme je lui en parle, il est ok (il en a marre il stresse à force...) et la nounou est ok pour garder ma fille alors c'est parti. C'est le jour de la Ste Brigitte, prénom de ma mère je me dis que c'est un joli jour et je suis motivée pour accoucher avant minuit du coup, ca devient un challenge lol A 18h on arrive aux urgences la SF de l'accueil m'envoie chier et me dit que les déclenchements c'est le matin. Je lui dis que je veux voir le médecin de garde (mon gygy :D ) elle l'appelle et elle se fait engueuler, il lui dit au tel de m'installer en salle de naissance qu'il arrive après :D ca commençait bien... Après ils prennent tout leur temps pour me perfuser etc.
Finalement à 19h15 ça y est, je suis piquée, sous monito, et je suis en plein faux (?) travail déjà (je le sentais). Col à 3 toujours, la SF me rigole au nez quand je lui dis que mon gynéco m'a dit que c'était pour ce soir "Euh non Madame c'est long un déclenchement, ca sera pour cette nuit ou demain matin" :evil: un déclenchement "par convenance personnelle" ca leur plait pas. je les emmerde.
20h15 les contractions douloureuses se pointent, je gère. 20h30-20h45 je commence à déguster et pleurer (je suis dégoutée je voulais pas de péri mais je sens que je craque) et je demande l'anesthésiste. Il arrive à 21h15, il y avait une grosse urgence en mater qui s'est visiblement très mal finie :( Quand il se pointe, les SF on déjà tout préparé pour qu'il aille plus vite et me faire patienter, et m'ont ré-auscultée, je suis à 4 ( :oops: ) , je hurle de douleur comme une vache, il me sort "Bah quoi qu'est ce qu'il y a ???" je lui réponds "Bah j'ai MAL !!!!!" c'est pas son boulot ça ??? j'arrive pas à me contrôler pendant les contractions, mais les SF sont cool (il y a eu le changement d'équipe à 20h, ouf !) et me motivent et me soutiennent. L'anesth est déstabilisé par mes cris (je le comprends le pauvre) et j'ai du mal à faire le dos rond avec les contractions, il pique une fois et peste "c'est le cartilage ça grrrr" (je me mets à suer grave :lol: ) puis "ah bah c'est l'os maintenant" et là je sens qu'il y a quelque chose qui se passe de pas normal dans mon bassin, je sens pousser c'est indescriptible je sens pousser et j'ai envie de pousser... Je le dis, l'anesth engueule les SF "vous auriez pas pu l'ausculter avant de me faire venir pour rien ?????" elles répondent "non elle était à 4 là, c'est pas possible il peut pas être là" je redis que c'est pas possible qu'il y a quelque chose qui cloche, elle veut bien me ré-ausculter et là elle regarde l'anesth "oui bah non, il est là on arrête tout on s'installe". Il est 21h25. Le gars se barre et je hurle pour qu'il revienne me poser cette putain de péri, je flippe de l'expulsion etc." (la honte...) mais non le pauvre il s'en va, il s'excuse auprès de mon mari "c'est trop tard désolé" et le gynéco revient vers moi. C'est le branle bas de combat pour tout installer (cale pieds etc.) et je commence déjà à pousser je peux pas faire autrement, le gynéco est ok. La poche des eaux se rompt, je touche ma vulve et je sens la tête derrière... Comme un ballon derrière mon corps, chelou. Je sens que c'est "chaud en bas". Ca y est, tout est enfin installé, ils me disent de pousser, et je sens tout, je sens tout ce qu'il faut faire et comment il faut faire, très vraiment "plaisant" et encourageant. Donc je pousse une vraie fois, avec mon mari qui me tient la tête, et la tete sort, je sens que le gynéco la tourne, ca c'est pas très agréable de sentir le corps tourner, mais pas douloureux. Et puis il m'a dit de l'attraper pour le sortir, et c'est moi qui l'ai sorti ;lov ;lov ils l'emmènent rapidement pour l'aspirer un peu, et le gynéco m'appuie alors sur le ventre pour le placenta, ca fait trop mal :oops: je lui demande d'arrêter et si je peux le faire moi même, (appuyer sur le ventre), il est ok et tout se passe bien pour la délivrance (j'appuie et il tire sur le cordon), c bizarre quand ca sort ! Et il me dit qu'il a même pas besoin de me recoudre, ça saigne un peu mais ça ira sans point.
Du coup j'ai l'impression de tout avoir géré de A à Z, jusqu'au placenta)

Après, c'est que du bonheur : tétée d'accueil nikel, nuits nikel, pas de crise du 2e jour, allaitement parfait :) :) :)"

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lundi 30 mars 2015

14-15 novembre 2014

Par Cecilchen, lundi 30 mars 2015 à 09:50 :: Nouvelles du front

C'est mon quatrième cycle depuis mon retour de couche.

Cette fois-ci, c'est différent. Je ne sais pas l'expliquer, mais c'est différent. J'ai déjà senti ça fin août 2012.

Je rentre du travail, le test de grossesse affiche une ombre. Je suis à 10DPO. Et oui, ça existe. J'essaie de garder ça pour moi. C'est juste une ombre, ça ne veut rien dire.
Le lendemain, à 11DPO, c'est parti... Je fais un autre test (clear blue digital) et je le pose sur le meuble des toilettes pendant que je m'étends dans mon bain brûlant. On est samedi mais il y a un évènement culturel avec les élèves aujourd'hui. Je n'ai pas vu le résultat mais je réfléchis déjà à la façon de l'annoncer à l'Homme.
Je sors du bain, c'est bien positif. Je ne suis même pas surprise. Je le savais.

Je prépare une jolie table de petit déjeuner, je cache le test sous un sopalin avec quelques mots écrits dessus "Bonne journée mon chéri". Je pensais devoir partir prendre mon train avant qu'il ne se réveille.
Pas de chance il se lève. On se met à table. Il ne trouve pas le test tout de suite. Je fulmine. Je lui tends des perches : "Tu m'amènes du sopalin ?" Il voit enfin l'objet témoin et pense que c'est encore un test que j'ai laissé traîner (J'ai été testeuse compulsive pendant 4 mois : tests d'ovulation, de grossesse toutes marques...) et râle. Les larmes me montent. Puis il regarde en détail et me lance un "Dis donc, t'as vu ?? Il est positif !!" :o

En aout 2012, une "manouche" avait frappé à ma porte pour m'annoncer que j'étais enceinte avant même que j'ai fait le test (1h plus tard).
Là, le 4 novembre, Sébastien m'a envoyé un SMS pour me dire qu'il avait rêvé que j'étais enceinte, et qu'en général ses rêves de grossesse étaient prémonitoires. Le 4 novembre, c'est daté médicalement comme étant le jour de la conception de notre 2e enfant.
Je trouve ça formidable.

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vendredi 24 octobre 2014

Adieu.

Par Cecilchen, vendredi 24 octobre 2014 à 10:30 :: Nouvelles du front

Je suis étonnée de m'en étonner mais c'est plus fort que moi.
Elle grandit, c'est indéniable. Elle court avec les pigeons, s'intéresse aux autres enfants. Grimpe, escalade, court, pousse, tire, baragouine, réfléchit, envisage puis agit.
"Ai-je le droit ?" J'ai quand même un coup d'oeil de temps en temps pour vérifier, oui.
Et elle a un tout autre visage quand elle fait tout ça.
Je perds mon bébé.
Je pourrais la regarder pendant des heures, je suis heureuse de la voir pleine de vie, mais c'est difficile de la perdre.

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lundi 20 octobre 2014

Rétrospective...

Par Cecilchen, lundi 20 octobre 2014 à 10:48 :: Nouvelles du front

...

Juin 2013 : J'ai soutenu mon mémoire et validé mon master. Dernière fois que j'ai vu mon idole. Les gens...

Juillet 2013 : Lucie se marie. Vacances à la campagne, un bien fou. Violette rencontre son arrière grand-mère. On oublie tout et tout le monde, ou presque.

Août 2013 : On se prépare à la reprise du taf. Le moral est dans les chaussettes. Je stocke mon lait maternel au congélateur. C'est le début d'une grande aventure qui va durer presque un an. Je commence la rééducation post-natale.
Le 13 juillet à 16h30, des acouphènes surviennent dans mon oreille gauche.

Septembre 2013 : On vit à 200 à l'heure. Je tire 900ml de lait par jour pour ma princesse, c'est toute mon occupation.

Octobre 2013 : On vit à 300 à l'heure. Je m'épuise. Au zoo de Beauval, Violette s'émerveille des petites bêtes. La diversification alimentaire a commencé et ma production de lait commence à chuter tout doucement. J'ai du mal à encaisser.

Novembre 2013 : Je me sens incomprise, critiquée, insultée. Je ne supporte plus rien ni personne. Je m'isole.

Décembre 2013 : Mon père se fait diagnostiquer un cancer du poumon.

Janvier 2014 : Ma grand mère rejoint brutalement son mari et ma mère. C'est le début de la dégringolade. Je perds, ce jour la toute la famille qui me restait.
Je pèse 49 kgs et même Violette ne me donne pas envie de me battre. Premières angoisses pour un bébé malade, premières urgences. On commence les bébés nageurs. La rééducation post-natale se termine enfin.

Février 2014 : Clash au taf. Je n'en peux plus. Laudine nait. Je recours pour la première fois.
Les vacances à la montagne sont un grand bol d'air.

Mars 2014 : Un tournant au taf, je reprends pieds : Je suis réconciliée avec Anne-Cécile, quitte à me fâcher avec d'autres. Violette rencontre un ostéo et un médecin homéopathe pour tenter de mieux dormir, je me sens enfin entendue.

Avril 2014 : Enceinte, ma belle-soeur se marie. Je suis inspectée. Nous partons en vacances à Perpignan. Je vais cherche mon diplôme de Master, mais Elle n'est pas là.

Mai 2014 : Lucie est enceinte. Violette se fait baptiser. Nous nous disons "oui" pour la vie. Marie rencontre Guillaume.
1 an et 2 jours, premiers pas toute seule pour Violette. Mon père doit recommencer les traitements.

Juin 2014 : Mise au point finale au travail, plus jamais ça. Mes acouphènes ont disparu. Le 18, RDV chez le gynéco, je fais 54kgs. Nous nous inscrivons au Marathon.

Juillet 2014 : Je reçois mon avis d'inspection à la maison, gratifiée d'1,5 point et de nombreuses éloges sur mon travail. Si les collègues pouvaient le lire ! Je jubile.
On souffle un grand coup à Berlin et à la campagne, avec la nouvelle voiture ! Je rends mon tire-lait à la pharmacie. J'ai enfin mon retour de couche et commence à m'imaginer une 2e grossesse.

Août 2014 : On trie par le vide, à la maison et dans la tête. Ça fait un bien fou ! Daphnée nait. Violette dort. Gaston arrive dans notre foyer. Mon père est KO avec la radiothérapie. Nouvelle étoile sur le ventre.

Septembre 2014 : Virgile nait. Et déjà une nouvelle année scolaire recommence. Avec ses lots de tensions mais aussi de petits bonheurs quotidiens. 3 jours d'acouphènes, je redeviens folle. Mais ils ne durent pas. J'ai envie d'un bébé. Mon père reçoit des résultats encourageant.

Octobre 2014 : C'est le Marathon. Un déclic. Un premier jour du reste de ma vie.
Et je me rends compte que non, je n'ai pas envie d'un autre bébé tout de suite.

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Le temps passe

Par Cecilchen, lundi 20 octobre 2014 à 10:15 :: Nouvelles du front

Ma magnifique petite créature a grandi... Chaque petite étape de son développement me rend toujours plus fière.

Ce fut une année difficile, et malgré tout l'amour que nous lui portons, il y a eu des moments où nous en sommes presque venus à regretter cette époque où nous n'étions qu'à deux "bien tranquilles".

Globalement, devenir mère a donné un sens plus profond à ma vie. Elle est ma priorité absolue. Ma raison. Elle me raisonne, et tourne mon regard vers l'avenir. Elle me fait relativiser. Elle m'aide à rationaliser, matérialiser, garder le cap. Et pourtant ca n'a pas toujours été facile avec les 14 mois d'allaitement et presque autant de nuits agitées par un bébé insomniaque.

J’atterris seulement. Elle a 17 mois aujourd'hui.

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jeudi 27 juin 2013

La naissance de Violette

Par Cecilchen, jeudi 27 juin 2013 à 16:24 :: Nouvelles du front

Depuis début mai, j'attendais les premiers signes... RIEN.
Alors, j'ai marché, crapahuté, cleané la maison, re-marché, re-cleané, monté les escaliers à gogo.
RIEN. On m'avait dit début mai au plus tard, à ma dernière consultation, RIEN.
Mi-mai : RIEN. Je désespère. Pourtant, des contractions, j'en ai ! Mais rien de plus...
J'en peux plus, je suis énorme, lourde, gonflée/bouffie, fatiguée, j'ai un point douloureux dans le ventre, je n'en dors plus, je suis essoufflée, je crains l'arrivée des vergetures...


Comme la date prévue de l'accouchement était pour samedi 18/05, je dois me rendre aux urgences de la maternité ce jour là pour faire le point.
Contrôle : ok. Tout va bien, mais le col n'a pas évolué vraiment depuis la dernière visite... Bon... On me propose un déclenchement par injection d'ocytocines. Je me suis renseignée sur Internet il y a quelques jours là dessus, et j'ai vu assez d'émissions pour savoir à quel point un déclenchement est douloureux (contractions plus fortes)... Moi, dans mes rêves, je voulais accoucher le plus naturellement possible : donc sans péridurale. C'est aussi pour ça que j'avais choisi cette maternité là, classée "amie des bébés". Donc je refuse le déclenchement, je me dis que ça arrivera bien un jour ou l'autre, sans doute demain... Ça fait neuf mois que j'attends (et j'ai passé 3 mois à pleurer de peur qu'elle n'arrive trop tôt...), on n'est plus à deux jours... Le médecin qui me prend en charge n'est pas ravi de mon choix, mais bon... J'ai droit à un "décollement des membranes", je passerai les détails sanglants... un examen du liquide amniotique (encore une fois, je passe...), et je rentre à la maison, avec ordre de revenir lundi matin si rien ne s'est passé d'ici là (a priori le décollement des membranes devrait provoquer des contractions).
Samedi après-midi : RIEN
Dimanche matin : RIEN
Dimanche après-midi : RIEN (Je passe le temps à l'affut du moindre signe... Il pleut et la seule occupation raisonnable c'est un triomino...)
Dimanche soir : toujours RIEN...
Lundi 6h, je me lève et me prépare pour être à 8h aux urgences, comme convenu, du coup...
Mes tartines de pain brûlent, je m'endors dans mon bain : nickel, je me dis que je vais adorer cette journée.
Je me demande à combien de jour post-terme on est obligés de déclencher, je me dis que j'ai encore au moins 4 jours, ça me semble interminable. Je me demande ce qu'ils vont me faire aujourd'hui, j'ai bien eu mal samedi, j'ai pas trop envie de remettre ça...
8h30, je suis accueuillie par le sage-femme qui était là en février ! Il se souvient de moi et on rigole de la situation... Il m'avoue que le Loxen provoque souvent un dépassement de terme... Me voilà dans la salle d'observation, scotchée, comme d'habitude, à une table dure comme du chien et trop courte pour pouvoir s'allonger sans que la moitié des jambes ne dépassent...


Monitoring sur le ventre : zéro contraction. Le petit cœur de Violette en fond sonore :) C'est encore irréel de se dire que bientôt ce bébé que j'entends sera contre moi !!!

Le médecin passe et me parle de déclenchement, je lui demande si j'ai encore le temps et il fait la moue... Sur mon dossier qu'il tient dans ses mains, il lit bien que je ne souhaite pas de péri... Il rigole et me traite de ringarde :D Je me dis qu'on va encore bien rigoler aujourd'hui !! Plus sérieusement il me parle des risques pour le bébé si on attend encore 2 jours de plus, et je n'ai pas trop le choix que d'accepter de déclenchement. Je demande si on ne peut pas faire autrement que par perf et c'est niet. Bon... Je suis installée en salle d'accouchement directement (je traverse le service "le cul à l'air", enroulée dans un drap ("ça sert à rien de vous rhabiller de toute façon"), converses aux pieds, en me disant que ma Dignité, ma Pudeur, et tout le reste n'ont pas été autorisés à franchir le seuil des urgences...

Dans la salle de travail, la sage femme et sa stagiaire me demandent de me déshabiller entièrement pour passer une blouse. Je me désape devant elles (j'entends Pudeur et Dignité hurler à l'autre bout du couloir, mais bon...)... "Ah bah mince, on n'a plus de blouse ici... Je reviens..." Je reste plantée là, à poil devant la stagiaire, à attendre une blouse, je me sens humiliée, j'ai envie de pleurer... La fameuse blouse arrive, un truc informe en intissé bleu marine transparent... Ah oui ça change tout effectivement...

On me dit que le déclenchement peut échouer et que dans ce cas je serai installée à coté, en salle de pré-travail, et qu'on retentera demain... Non, je ne rentrerai plus chez moi sans le bébé !!! Suis pas sortie de l'auberge... Je suis contente qu'on me parle enfin, ça y est, d'avoir mon bébé !! Mais je me vois déjà trainer à poil 3 jours dans le service, avec la chance que j'ai, et je suis blasée...

A 9h, je me retrouve perfusée avec cette saloperie d'ocytocine qui me donne rapidement toute une série de contractions... Je gère... Les contractions deviennent régulières et se rapprochent, je me dis que c'est bon signe mais j'arrive toujours pas à croire que je pourrais accoucher là, aujourd'hui, c'est impossible dans ma tête que ce soit "mon tour", très curieuse impression.


A 11h, en bonne chieuse, je demande à me lever, ils sont assez étonnés, "normalement" en salle de naissance on reste bien gentiment allongé sur sa table. Je leur fait comprendre que leurs "normalement" ils se le foutent là où ils pensent, parce que j'ai mal, j'ai pas de péri, et j'aimerais bien marcher et m'étirer un peu. La sage-femme m’ausculte avant, histoire de voir si le travail a commencé. Et oui, visiblement le déclenchement fonctionne ! Je suis ravie et Bonne Humeur (que j'avais égarée il y a quelques jours) rentre dans la salle. On me propose de m'asseoir sur un gros ballon de gym pour faire avancer le travail un peu plus vite, je m’exécute dans la bonne humeur (après qu'ils m'aient démêlé tous les fils auxquels je suis reliée). La sage-femme passe régulièrement augmenter le débit de la perfusion, il est bientôt midi et je gère toujours la douleur sans péri.
A 12h45 elle repasse pour m'ausculter, je suis à toujours à 3cm, le col évolue un peu, mais doucement... Elle me demande si je veux la péri tout de suite, je dis que ça va, NON pour l'instant elle se la garde, la peur de l'aiguille est encore plus importante que la douleur. Elle augmente encore la perf (mais quand est-ce qu'elle va arrêter de faire ça ???) et quitte la pièce. Je me relève aussitôt pour marcher un peu dans mon mètre carré disponible (je suis limitée avec tous mes fils) et d'un seul coup, je me mets à hurler de douleur comme une vache, incontrôlable, c'est les super contractions qui arrivent... Je n'ai qu'une minute de répis entre chaque contraction, je me demande comment c'est possible de gueuler à ce point, j'en rigolerais presque... Je m’agrippe au pied de la perf et je gueule à nouveau, je suis figée sur place... Je parviens difficilement à biper la sage-femme pour réclamer cette pourriture de péridurale (le bip marchait pas d'ailleurs :D mais comme elle m'a entendue beugler elle est arrivée). Elle hallucine car elle me l'a proposée il y a 5mn à peine et j'ai dit non, mais quitte la pièce de toute hâte en voyant mon état :D L'anesthésiste est dans le coin, il arrive quelques minutes après, je pleure d'angoisse et de blase... Mais il est top et me rassure. Il m'engueule un peu parce que je me crispe, mais c'est sans méchanceté (il m'appelle "ma puce") et tout le monde est d'une douceur incroyable avec moi il me semble. Péri posée, je n'ai absolument rien senti (grâce à la piqûre d'anesthésiant qu'ils font localement avant de poser la péridurale), et la douleur s'envole complètement en 3 minutes, incroyable... On déconne avec l'anesthésiste qui est bien bien barré ! Faut dire que je me sens complètement stone, shootée, tout ce que vous voulez.

Je me repose quelques minutes, je profite du calme qui règne à nouveau dans la salle d'accouchement... Mais c'est de courte durée, car je romps la poche des eaux et je dois appeler du monde à nouveau... La sage-femme me contrôle le col à nouveau et me regarde bizarrement "Dites moi, vous étiez dilatée à combien tout à l'heure ???? (= il y a 30mn) Vous êtes à 9 là, on va pouvoir s'installer !" C'était donc ça, cette douleur insupportable : je suis passée de 3cm à 9cm en 30mn :D Elle prépare la table pour la sortie de Violette, ça me fait tout drôle, j'ai toujours du mal à réaliser.

Finalement, je n'ai poussé que 1h30 après, Violette n'arrivait pas à descendre dans mon bassin car mon coccyx bloquait (visiblement je suis une atrophiée du coccyx :D ) donc mon pauvre bébé a eu droit à la ventouse sur la tête.

Pousser avec la péri c'est pas facile non plus... J'ai eu des compressions abdominales par la sage-femme (son avant-bras gauche sous mes côtes, son bras droit qui maintenait son avant-bras gauche, elle s'appuyait de tout son corps sur mon ventre pour aider le bébé à descendre), mais finalement c'était encore pire avec ça, car ça coupe le souffle et j'étais incapable de faire quoi que ce soit...
Finalement le médecin a demandé à la SF d’arrêter les compressions (ce qui m'a pas déplu :o ), j'ai pu reprendre mon travail correctement. Quand la tête était quasi sortie il m'a demandé si je voulais la toucher, incroyable : une petite sphère chaude, poilue et mouillée !!!!!! C'est incroyable, vraiment incroyable, de réaliser que c'est la tête de son bébé, que plus rien ne sera plus jamais pareil après ça... J'ai dû pousser encore une fois pour que la tête sorte complètement, après, il a fait sortir une petite main et un petit bras, première image de mon bébé (très curieuse image d'ailleurs !!!! "tiens, une main qui sort de moi ??")
J'étais bien trop émue (et shootée) pour pleurer ou quoi que ce soit, simplement complètement interloquée "ohhh !! ohhh !!! ohhhh !!!!"
C'est effervescence, tout s'accélère d'un seul coup, et il est 15h09 lorsque Violette est posée sur mon ventre. Je remercie vivement le médecin de m'avoir libérée de mon gros ventre... :D il rigole... Je suis d'ailleurs étonnée de retrouver un ventre mou, et déjà si plat ! Ma peau est toute fripée !!
Le placenta est expulsé dans la foulée, je n'y prête même pas attention. Comme c'est un jour férié, il n'y a pas de transporteur pour le sang placentaire, je ne peux pas donner le mien... Tant pis...

Je suis étonnée qu'ils n'emmènent pas Violette pour se faire désobstruer, ils me la laissent contre moi. Visiblement il n'y a pas besoin mais je croyais que ca serait automatique (pas dans les maternité "amies des bébés", j'en suis ravie). Je la câline en peau à peau le temps que le médecin termine les soins sur mon corps. Ils emmènent ensuite Violette pour son premier contrôle technique obligatoire, et la pèsent : "Devinez combien ???" euh... "4.020, Madame !!!" (estimée à 3.700g à l'écho des 32sa). Ils me la ramènent de suite en peau à peau et je suis heureuse mais super frustrée, car posée ainsi tout contre moi je n'arrive pas à voir son petit visage :D Le médecin prend un peu de temps pour m'expliquer que normalement il aurait fallu les forceps pour la sortir mais qu'il a quand même voulu essayer avec la ventouse, que mon coccyx bloquait de trop pour qu'elle sorte seule. Il m'a dit d'en informer ma sœur jumelle, car c'est sans doute congénital... Il me dit de demander à ma mère si elle a ce problème... Il insiste lourdement "Hein, vous lui demanderez, hein"... Je finis par l'envoyer bouler, il se trouve tout bête. Ma foi... (Quand j'y repense, moi aussi je suis née avec une ventouse, et elle a aussi eu des compressions abdominales... Ça devait être ça...)
Il me dit, lui aussi, que les femmes qui avaient été sous LOXEN sont souvent déclenchées, finalement... Qu'il fallait juste un coup de pouce pour que l"utérus se remette en marche. Ça aurait rien changé, mais je me dis que j'aurais bien aimé qu'on m'informe de ça au mois de février.
Il me dit, enfin, et à nouveau, que j'ai bien fait de prendre la péridurale, que c'est les ringardes qui la prennent pas ! On en rigole :)
Tout le monde me félicite une dernière fois et quitte la pièce et je reste 2h en salle d'accouchement pour profiter de la choupette tranquillement en peau à peau, c'est enfin paisible, je ferme les yeux et l'écoute respirer... Elle refuse la tétée d'accueil, on verra ça plus tard tant pis. J'ai hâte de pouvoir voir son petit visage...
Puis l'équipe vient l'habiller (tous les vêtements prévus étaient trop petits, du coup.....), la dépose dans son petit berceau en plexiglas (je la vois enfin !)
Et vous aussi => clic <=
et on nous monte dans ma chambre, à 18h :) (Pour l'histoire, j'étais encore censée être à poil pour traverser le service, mais j'ai braillé pour pouvoir enfiler mon t-shirt, faut pas pousser, j'avais retrouvé Dignité et Pudeur)

La suite, du classique :)

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Ca y est !

Par Cecilchen, jeudi 27 juin 2013 à 14:32 :: Nouvelles du front

Un beau bébé dans les bras, je suis allée soutenir mon mémoire hier matin !
Alors oui, ça n'a pas été facile, mais j'ai réussi à le boucler (entre un accouchement, des prises de têtes multiples avec des ordures, beaucoup de monde à la maison et une nouvelle vie qui commence!) et à le rendre à la date prévue.
La soutenance n'a pas été un vrai moment de bonheur, entre le retard du jury (bien que j'étais la première à passer...) ls questions tordues ou débiles..., j'étais prête à sortir les crocs (mais à quoi ça rime, cette soutenance, vous pouvez me le dire ???). Finalement, on m'accorde a priori un 17/20, je crois que c'est la meilleure note de tout le groupe, les efforts ont payé.

J'ai la tête et les pensées libres après presque 3 ans de formation non stop (capa-sh puis master), ça fait tout drôle... Faut que je me retrouve quelque chose :D

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mardi 2 avril 2013

MAP et MR (mémoire de recherche)

Par Cecilchen, mardi 2 avril 2013 à 16:52 :: Nouvelles du front

8 semaines aujourd'hui que je suis au repos ! Finalement, le temps s'écoule quand même...

Samedi prochain, terminé l'arrêt de maladie : j'entame mon congé de maternité !

Ben c'est con, mais ça fait du bien au moral :D

Quant à toi, Crevette, t'attends encore au moins 3 semaines, j'ai pas fini mon mémoire !!!!!!!!!

Bon le mémoire avance quand même... Enfin, si la forme doit encore... prendre forme justement, la réflexion avance, et j'ai déjà pas moins de 35 pages de fouillis correspondant à mes recherches théorique (mots clé : intégration/inclusion/insertion, stigmate/marginalisation/ségrégation/enfermement... en relation avec le système éducatif actuel).
Je dois encore mettre à plat les résultats de mon enquête de terrain, et affiner l'ensemble pour rendre tout cohérent.

Ma directrice de mémoire n'est pas hyper disponible, donc pour l'instant je garde tout ça au chaud. J'espère pouvoir présenter mon mémoire en juin.
J'essaie de me motiver à travailler un peu dessus chaque jour, mais c'est pas facile, sans pouvoir se déplacer à la bibliothèque, rencontrer les collègues affiner les enquêtes avec des entretiens...

Affaire à suivre...

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